L’ARMÉE DU ROYAUME DE HOLLANDE (1806-1810)
(par Diégo Mané, Saint-Laurent de Mure, avril 2026)
En moins de quatre années d’existence (5 juin 1806 - 16 mars 1810) l’armée du royaume de Hollande a subi des quantités de changements qui sont difficiles à suivre, et que je résume ci-après, sans aucune prétention d’exhaustivité, et me limitant aux troupes ayant combattu.
Antécédents pertinents sur la République batave
6 puis 7 Demi-Brigades de 3 bataillons en habit bleu, capotes bleues. Plus 3 régts allemands.
Plus 4 bataillons de Chasseurs, habit et culotte verts, capotes gris foncé.
Armés du fusil de chasseurs à baïonnette triangulaire … mais un tiers des hommes, par compagnie, était armé de la carabine et du couteau de chasse.
06/04/1804 : Les 2e et 4e bataillons sont armés de fusils ; les carabines leur sont retirées.
11/06/1805 : il est créé une « Garde du Corps » du Président, composée de 1 bataillon de Grenadiers à 8 compagnies (coiffés du bonnet à poils), plus 2 compagnies d’infanterie légère (armées de carabines) et 1 compagnie d’artillerie à pied, 1 escadron de Dragons (appelés Grenadiers à Cheval et portant le bonnet à poils) et 1 compagnie de Hussards (en Colbacks).
Toutes ces troupes sont tirées de la Ligne (cies d’élite des 3e Bons), voire tirées au sort !
14/06/1805 : Les bataillons de Chasseurs sont organisés en régiments d’infanterie légère.
Les 1er et 2e bataillons forment le 1er régiment, et les 3e et 4e bataillons le 2e régiment.
Cette antériorité constate, du point de vue de la dotation en carabines, qu’elle concerne les 2 compagnies légères Garde et les compagnies de Carabiniers des 4 bataillons de Chasseurs.
10/08/1805 : Chaque régiment aligne 2 bataillons de 5 compagnies, dont 1 d’élite dite de Carabiniers, équipée de carabines, alors que les autres compagnies sont dotées de fusils.
Armée du royaume de Hollande (1806-1810)
Infanterie de Ligne
8 régiments à 2 bataillons de guerre à chacun 4 compagnies de Fusiliers et 1 de Grenadiers.
17/09/1806 : 9 régiments (dont le 1er constitue la Garde), à 2 bataillons de 9 compagnies dont 7 de Fusiliers, 1 de Grenadiers et 1 de Voltigeurs.
La troupe passe en habit blanc et shako, capote bleu foncé (le bourgeois de Hambourg nous montre toutefois une capote grise au 7e régiment).
15/11/1807 : les 3e, 4e, 7e, 8e, 9e régiments sont portés à 3 bataillons de 9 compagnies.
01/12/1808 : les 3e bataillons sont supprimés. Le 5e régiment perd en outre son 2e bataillon.
Les bataillons sont à 8 compagnies dont deux d’élite et 6 du centre.
15/06/1809 : le 1er bataillon du 2e de Ligne est « brigadé » avec le 2e bataillon du 4e de Ligne, tous deux envoyés en Espagne et que l’on ne reverra plus en tant que tels. Le dernier sera en effet rattaché au 2e de Ligne tandis que l’opération inverse sera réalisée au profit du 4e qui servira en Allemagne. Nonobstant, ces palinodies administratives ne changeront pas pour autant, au moins en Espagne, les distinctives et numéros différents des unités d’origine. Le 4e deviendra en 1810 le 125e de Ligne « français », dont les survivants iront mourir en Russie.
08/08/1809 : le bataillon restant du 5e régiment est supprimé et versé dans le 7e régiment.
Pourtant ce 5e régiment est encore donné pour 1.000 h en 2 bataillons lors de Walcheren !
20/08/1809 : le 9e régiment reprend le n° du 5e mais conserve la distinctive noire de l’ex-9e.
04/11/1809 : il est décidé la création d’un nouveau 9e régiment à partir d’éléments du 4e.
10/06/1810 : mise sur pied du nouveau 9e, uniforme blanc et vert foncé ex-Légion Zeeland.
Infanterie de Légère
18/07/1806 : 2 régiments (dont le 1er constitue la Garde) à 2 bataillons de 4 compagnies de Chasseurs et 1 de Carabiniers.
17/09/1806 : couleurs distinctives bleu céleste au 1er régiment, jaune au 2e régiment.
Veste et culotte vert foncé. Shako aux Chasseurs, bonnet à poils aux Carabiniers.
01/03/1807 : le 2e Chasseurs (dont le n° reste vacant) est versé dans le 3e*. Bien que cela ne soit pas indiqué il semble donc qu’un 3e régiment fut créé auparavant et que des 4 bataillons à 5 compagnies de ces 2 régiments on forma le 15/03/1807 les 2 bataillons à 9 compagnies du nouveau régiment. « Les fusils étaient d’un modèle plus léger que celui de l’infanterie ».
*L’OB du 01/04/1807 donne 3 bataillons au 3e Chasseurs au lieu des 2 réglementaires !
20/08/1809 : le 3e Chasseurs devient le 1er Chasseurs (il n’y avait plus de Chasseurs Garde).
Le bourgeois de Hambourg représente un Carabinier armé du « fusil à baïonnette ».
Cavalerie
1 régiment de Hussards et 2 de Dragons à 4 escadrons de 2 compagnies.
17/09/1806 : 5 régiments dont 3 de Hussards et 2 de cavalerie. Les premiers de chaque catégorie formant la Garde. Sauf ceux de la Garde ces régiments sont à 5 escadrons.
Le 2e de cavalerie porte l’habit blanc et un casque de cuirassiers français.
28/02/1807 : le 2e de cavalerie est renommé Cuirassiers n° 2 (bien que sans cuirasses).
15/11/1807 : le 2e Cuirassiers est réduit à 3 escadrons de guerre.
12/10/1809 : « Le régiment reçoit des cuirasses provenant du régiment de cuirassiers de la
Garde. Il n’en avait pas été pourvu, jusqu’alors, malgré sa qualification de Régiment de Cuirassiers. » (L&H p 373).
Hussards :
1er Hussards (Garde), 2e Hussards (ex-Hussards bataves), 3e Hussards (ex-1er Dragons).
Aucune perte d’officier n’est répertoriée dans le Martinien pour les 1er et 2e Hussards.
29/04/1809 : le 3e Hussards est versé dans la Garde (mais reste en Espagne).
29/08/1809 : un nouveau 3e Hussards est créé ».
06/10/1809 : le nouveau 3e Hussards est supprimé.
Le Martinien indique les pertes d’officiers suivantes au 3e Hussards :
16/04/1807 : combat de Springersfeld, Cne Kummick et Lt Pyman ßlessés.
18/05/1807 : affaire devant Goldberg, Lt Pyman ßlessé.
28/11/1808 : passage de la Sierra-Morena, Cne Van Zuylen ßlessé.
06/01/1809 : affaire devant Toro, Chirurgien-Major Goosens †ué, Cel Van Goes ßlessé.
17/03/1809 : combat de Mesa-de-Ibor, Cne Van Zuylen ßlessé.
27/03/1809 : combat de Ciudad-Real, Cel Roes van Alkemade, Lt Spies ßlessés.
Artillerie
1 régiment à pied de 3 bataillons à 6 compagnies, et 2 compagnies à cheval.
18/07/1806 : la 1ère compagnie de chaque bataillon est dite d’élite. Celle du 1er bataillon constitue l’artillerie de la Garde. Les 2 compagnies à cheval forment les compagnies d’élite des 2e et 3e bataillons.
23/02/1807 : la note de bas de page 377 L&H indique la répartition des 8 compagnies du Train et mentionne le matériel correspondant, donné de 6 £ (d'origine autrichienne). Elle totalise alors 18 pièces d’ARC (3 Cies), 16 pièces d’ARP (2 Cies), 6 pièces « légères » stationnées en Zeelande, et 4 stationnées au Helder, total 44 pièces, dont 34 affectées aux troupes en campagne.
01/03/1807 : l’artillerie à cheval est portée à 4 compagnies (2 escadrons de 2 compagnies).
26/12/1807 : l’artillerie à pied forme 3 bataillons à 7 compagnies.
07/09/1809 : le « Corps Royal d’Artillerie » comprend 1 régiment d’artillerie à cheval à 4 compagnies servant, chacune à leur tour, dans la Garde (Je ne leur crois donc pas une « qualité » différente entre elles), et 2 régiments d’artillerie à pied de 2 bataillons …
17/10/1809 : la Cie d’ARC n° 1 est supprimée. Les n° 2 et 3 prennent les n° 1 et 2 et forment la « brigade à cheval ». L’ARP est mise sur le pied de 21 compagnies (3 bataillons de 7 Cies).
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À suivre ... La Garde royale ...


