Haro sur le colonel Grouard...
Modérateur : MANÉ John-Alexandre
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Merci pour ces renseignements. A quelle date ce journal du 1er corps a-t-il été rédigé ? D'Erlon en est-il l'auteur ? Ou est-ce un de ces aides-de-camp ?
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MANÉ Diégo
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Le journal, comme son nom l'indique, suppose une rédaction au jour le jour.
Il est précédé par un registre de correspondance tenu à Lille du 1er avril au 12 juin 1815, qui donne 582 correspondances, peut-être de la main de Drouet d'Erlon car les termes "je" ou "j'ai" sont courants.
Ce n'est pas le cas ensuite ou l'on trouve souvent mentionné "le Cte d'Erlon" fit ceci ou fit cela ... Il s'agit dès lors d'une "petite main", aide-de-camp ou plutôt secrétaire ou assimilé.
À partir du 12 juin il s'agit de "feuilles volantes" numérotées, et l'écriture en est moins "appliquée" car on est alors en campagne. Je présume que ces feuilles étaient destinées à être recopiées sur le beau registre susdit, mais ce ne fut pas le cas, et on comprend pourquoi car cela devint "difficile" une fois les rédacteurs "remerciés" par le Roi ou en fuite poursuivis par la police de Fouché.
À partir du 17 juin l'écriture devient moins "régulière" en même temps qu'apparaissent de nombreuses ratures. On constate aussi des changements de plume et d'encre, parfois d'une ligne à l'autre, ce qui semble indiquer des interruptions dans la rédaction, et sa reprise un peu plus tard, peut-être ailleurs.
Le 18 juin l'écriture s'est encore dégradée ; ce n'est manifestement pas un travail postérieur fait au calme, mais bien plutôt une rédaction effectuée dans l'urgence et le stress de la bataille. On note l'utilisation de deux tailles-types de papier pour des pages dont les numéros se suivent. On distingue à travers le papier qu'il est écrit sur l'autre face, le rédacteur traçant des lignes partant vers le haut. La toute fin de la journée, chaotique par destruction, ne peut avoir été rédigée au plus tôt que le lendemain car elle indique le sort de généraux pris, blessés ou tués qui ne pouvait être connu qu'après la débâcle où je vois mal écrire quoi que ce soit entouré de hussards prussiens hargneux et vindicatifs.
Le 19 juin, changement de plume, d'encre et de papier, et manifestement plus "au calme". Puis, à partir du 20 nouvelle dégradation de la "qualité graphique". Il semble aussi avoir été utilisé un autre "outil", peut-être un crayon (plus d'encre ?). Dès lors les renseignements donnés diminuent sensiblement (une ligne par jour, nommant seulement les étapes franchies), en même temps que le pauvre intérêt désabusé de raconter le dernier trajet du corps jusqu'à son licenciement à Bourges.
Ce "Journal du 1er corps" a été conservé par d'Erlon. Il se trouvait dans les documents le concernant à Vincennes, mais, intentionnellement ou non, mal classés dans la période Révolution qu'aucun "grand auteur" sur Waterloo ne visita. Sa "découverte", ou en tous les cas publication, par Stephen Beckett, la communication qu'il m'en fit, et ma retranscription en (j'espère) bon français, ont permis les avancées considérables dans l'appréciation de la bataille que j'ai pu faire, et partager sur Planète Napoléon.
Diégo Mané
Il est précédé par un registre de correspondance tenu à Lille du 1er avril au 12 juin 1815, qui donne 582 correspondances, peut-être de la main de Drouet d'Erlon car les termes "je" ou "j'ai" sont courants.
Ce n'est pas le cas ensuite ou l'on trouve souvent mentionné "le Cte d'Erlon" fit ceci ou fit cela ... Il s'agit dès lors d'une "petite main", aide-de-camp ou plutôt secrétaire ou assimilé.
À partir du 12 juin il s'agit de "feuilles volantes" numérotées, et l'écriture en est moins "appliquée" car on est alors en campagne. Je présume que ces feuilles étaient destinées à être recopiées sur le beau registre susdit, mais ce ne fut pas le cas, et on comprend pourquoi car cela devint "difficile" une fois les rédacteurs "remerciés" par le Roi ou en fuite poursuivis par la police de Fouché.
À partir du 17 juin l'écriture devient moins "régulière" en même temps qu'apparaissent de nombreuses ratures. On constate aussi des changements de plume et d'encre, parfois d'une ligne à l'autre, ce qui semble indiquer des interruptions dans la rédaction, et sa reprise un peu plus tard, peut-être ailleurs.
Le 18 juin l'écriture s'est encore dégradée ; ce n'est manifestement pas un travail postérieur fait au calme, mais bien plutôt une rédaction effectuée dans l'urgence et le stress de la bataille. On note l'utilisation de deux tailles-types de papier pour des pages dont les numéros se suivent. On distingue à travers le papier qu'il est écrit sur l'autre face, le rédacteur traçant des lignes partant vers le haut. La toute fin de la journée, chaotique par destruction, ne peut avoir été rédigée au plus tôt que le lendemain car elle indique le sort de généraux pris, blessés ou tués qui ne pouvait être connu qu'après la débâcle où je vois mal écrire quoi que ce soit entouré de hussards prussiens hargneux et vindicatifs.
Le 19 juin, changement de plume, d'encre et de papier, et manifestement plus "au calme". Puis, à partir du 20 nouvelle dégradation de la "qualité graphique". Il semble aussi avoir été utilisé un autre "outil", peut-être un crayon (plus d'encre ?). Dès lors les renseignements donnés diminuent sensiblement (une ligne par jour, nommant seulement les étapes franchies), en même temps que le pauvre intérêt désabusé de raconter le dernier trajet du corps jusqu'à son licenciement à Bourges.
Ce "Journal du 1er corps" a été conservé par d'Erlon. Il se trouvait dans les documents le concernant à Vincennes, mais, intentionnellement ou non, mal classés dans la période Révolution qu'aucun "grand auteur" sur Waterloo ne visita. Sa "découverte", ou en tous les cas publication, par Stephen Beckett, la communication qu'il m'en fit, et ma retranscription en (j'espère) bon français, ont permis les avancées considérables dans l'appréciation de la bataille que j'ai pu faire, et partager sur Planète Napoléon.
Diégo Mané
"Veritas Vincit"
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Incroyable ! Il a fallu un américain pour dénicher cette pièce extraordinaire ? Je n'en avais jamais entendu parler. Avez-vous échangé à ce sujet avec Bernard Coppens ? En tout cas, félicitations pour avoir exploité ce document d'une grande valeur.
Ps : on ne peut guère en vouloir à Grouard qui n'a pas fait mieux que Thiers, Houssaye, Madelin, Tulard et... Lentz (Lachouque aussi est passé à côté et tant d'autres) ? On constate qu'il n'était pas anti-napoléon par principe.
Ps : on ne peut guère en vouloir à Grouard qui n'a pas fait mieux que Thiers, Houssaye, Madelin, Tulard et... Lentz (Lachouque aussi est passé à côté et tant d'autres) ? On constate qu'il n'était pas anti-napoléon par principe.
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MANÉ Diégo
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Si "impossible n'est pas français" (n'était pas, corrigé-je !), incroyable est parfois américain. En tous cas, en l'occurrence qui nous occupe, c'est en effet à un Américain, Stephen Beckett, qui manifestement m'a lu et par suite fait confiance, que je dois d'avoir pu disposer gratuitement de ses imposants ouvrages et des copies des originaux qui les ont nourris et ont permis mes propres avancées.
Merci pour les félicitations, elles font toujours plaisir.
Je n'ai pas eu la chance d'échanger avec Bernard Coppens dont j'ai pu juger du sérieux en lisant ses écrits. Notamment quelques études détaillées sur le net qui ont malheureusement disparu. Je n'étais pas encore assez avisé pour les copier à l'époque, ne pensant pas alors que cela pouvait disparaître de la sorte. Il avait disserté -entre autres- sur l'attaque du corps d'Erlon et j'en ai gardé un bon souvenir.
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DM => BRH sur Planète Napoléon le 16/09/2026, post « Haro sur le colonel Grouard ».
La foire aux coupables (notez les minuscules) … et à l’Innocent (notez la Majuscule) !
THIERS :
« Ney et d’Erlon avaient adopté … une disposition singulière, dont les inconvénients se firent bientôt sentir … ».
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HOUSSAYE :
« Qui avait prescrit une telle formation, … ? Ney ou plutôt d’Erlon … .
En tous cas ce n’était pas l’empereur … Napoléon laissait, avec raison, toute initiative à ses lieutenants pour les détails d’exécution. »
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LACHOUQUE :
« Ney a disposé le corps d’Erlon pour l’attaque. …
Qui a ordonné ces formations macédoniennes ? …
Napoléon approuve-t-il cette attaque … » ?
« Le secret de Waterloo », ce cadeau de Pierre FOURÉ* en 1966, est devenu ma « bible » durant bien des années.
*Le « Père des hexagones » et du « Kriegspiel » français, mon « Maître » en cette matière.
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Je pense avoir donné mes Madelin car je ne les trouve plus.
Quant’aux « Modernes » (par rapport aux précédents), je ne les ai jamais lus et pense qu’ils me le rendent bien, ce qui est dommage car ils auraient pu apprendre beaucoup de choses.
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Enfin, retour à Grouard, puisqu’il tient le « rôle-titre » de ce post, avait-il lu Houssaye, à moins que cela ne soit l’inverse ? Quoi qu’il en soit leurs opinions convergent :
Les « coupables » sont Ney et/ou d’Erlon, mais en tous cas pas Napoléon.
Ni l’un ni l’autre, pas davantage que ceux qui les ont précédés, ni plus que la foule des « suiveurs », n’ont « creusé » assez profond pour trouver la vérité, ce qui, effectivement, prend du temps, préférant bâtir des hypothèses incriminant les faciles bouc-émissaires ci-dessus pour l’échec de l’attaque du corps d’Erlon, sans oublier d’ajouter Grouchy pour faire bonne mesure en « fin finale » !
Diégo Mané
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Merci pour les félicitations, elles font toujours plaisir.
Je n'ai pas eu la chance d'échanger avec Bernard Coppens dont j'ai pu juger du sérieux en lisant ses écrits. Notamment quelques études détaillées sur le net qui ont malheureusement disparu. Je n'étais pas encore assez avisé pour les copier à l'époque, ne pensant pas alors que cela pouvait disparaître de la sorte. Il avait disserté -entre autres- sur l'attaque du corps d'Erlon et j'en ai gardé un bon souvenir.
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DM => BRH sur Planète Napoléon le 16/09/2026, post « Haro sur le colonel Grouard ».
La foire aux coupables (notez les minuscules) … et à l’Innocent (notez la Majuscule) !
THIERS :
« Ney et d’Erlon avaient adopté … une disposition singulière, dont les inconvénients se firent bientôt sentir … ».
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HOUSSAYE :
« Qui avait prescrit une telle formation, … ? Ney ou plutôt d’Erlon … .
En tous cas ce n’était pas l’empereur … Napoléon laissait, avec raison, toute initiative à ses lieutenants pour les détails d’exécution. »
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LACHOUQUE :
« Ney a disposé le corps d’Erlon pour l’attaque. …
Qui a ordonné ces formations macédoniennes ? …
Napoléon approuve-t-il cette attaque … » ?
« Le secret de Waterloo », ce cadeau de Pierre FOURÉ* en 1966, est devenu ma « bible » durant bien des années.
*Le « Père des hexagones » et du « Kriegspiel » français, mon « Maître » en cette matière.
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Je pense avoir donné mes Madelin car je ne les trouve plus.
Quant’aux « Modernes » (par rapport aux précédents), je ne les ai jamais lus et pense qu’ils me le rendent bien, ce qui est dommage car ils auraient pu apprendre beaucoup de choses.
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Enfin, retour à Grouard, puisqu’il tient le « rôle-titre » de ce post, avait-il lu Houssaye, à moins que cela ne soit l’inverse ? Quoi qu’il en soit leurs opinions convergent :
Les « coupables » sont Ney et/ou d’Erlon, mais en tous cas pas Napoléon.
Ni l’un ni l’autre, pas davantage que ceux qui les ont précédés, ni plus que la foule des « suiveurs », n’ont « creusé » assez profond pour trouver la vérité, ce qui, effectivement, prend du temps, préférant bâtir des hypothèses incriminant les faciles bouc-émissaires ci-dessus pour l’échec de l’attaque du corps d’Erlon, sans oublier d’ajouter Grouchy pour faire bonne mesure en « fin finale » !
Diégo Mané
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Retour sur le colonel Grouard (je fais ce petit résumé pour ceux qui n'auraient pas eu le temps de lire ses écrits). il reproche à Napoléon d'avoir voulu attaquer partout sans être le plus fort nulle part. Ceci mérite d'être nuancé, bien évidemment. L'empereur a en vue de détruire l'armée principale de la coalition, savoir l'armée de Bohême. 250 000 hommes, une paille ! Encore faut-il la localiser et la laisser venir. Elle n'a que 3 solutions : marcher sur Leipzig et réaliser le plan futur des coalisés dès l'ouverture de la campagne (Jomini en dissuadera le Czar), marcher sur Dresde dès qu'elle sera informée de l'absence de Napoléon ou faire irruption à hauteur de Gorlitz pour couper Napoléon de l'armée du Bober commandée par Ney. C'est d'ailleurs ce que Napoléon ferait quand il se met dans la tête de ses adversaires. Et c'est ce qu'il entend mettre en échec. C'est une forme de défensive. Sur ce point, Grouard ne critique pas...
Dans le même temps, Napoléon décide de lancer Oudinot contre Berlin, la prise de la capitale lui paraissant primordiale et de nature à saisir un gage précieux. Il s'agit bien d'une offensive et dans une direction stratégique de haute importance. Malheureusement, l'empereur n'y met pas les moyens voulus et monte une combinaison périlleuse par les lignes extérieures, visant à concentrer 110 000 hommes, après la prise de Berlin. En ne confiant que 65 000 hommes à Oudinot, il court la chance que celui-ci soit battu par Bernadotte qui aura sous la main de 80 000 à 90 000 hommes. Napoléon le juge médiocre et sait qu'il n'a jamais commandé plus qu'un corps d'armée. Il se fait une fausse idée des levées prussiennes et des ramassis recrutés dans toute l'Allemagne du Nord. Grouard considère que tout à son idée de manoeuvre contre l'armée de Bohême, l'empereur aurait dû rester sur la défensive avec Oudinot, en attendant de pouvoir le renforcer et de marcher lui-même sur la capitale prussienne ! Sans même considérer les évènements, on ne peut que lui donner raison.
On sait ce qu'il en advint. Ne voyant pas les Bohémiens déboucher des frontières, il se lance au secours de Ney qui recule devant Blücher. Sur ce point, Grouard ne trouve rien à redire. Informés de ce mouvement, les coalisés décident de se saisir de Dresde. En un sens, ils vont au devant des désirs de l'Empereur. Si ce dernier est dissuadé de réaliser une des plus belles de ses manoeuvres, il improvise avec brio la marche sur Dresde et le succès tactique qui voit la gauche de l'armée de Bohême entièrement détruite. Quand la poursuite des Bohémiens s'exécute et qu'il a l'opportunité de transformer leur défaite en désastre, les nouvelles des défaites de Gros-Beeren et de la Katzbach viennent perturber son attention, ce dont Vandamme fait les frais à Külm. Que l'on scrute les évènements de près ou de loin, on retombe toujours sur cette volonté prématurée de prendre l'ascendant sur le front nord où Napoléon ne contrôle rien...
En effet, il est peu probable que Bernadotte soit passé à l'offensive. Son plan était d'attaquer Wittenberg et de passer l'Elbe à Rosslau. Avec un peu de sagacité, Oudinot était en mesure de faire échouer ce plan. Prolongeant sa victoire retentissante à Dresde, l'Empereur n'aurait pas manqué de se porter de sa personne à hauteur de Pirna, comme il le fit et de faire filer la Garde en soutien de Vandamme, comme ce dernier était fondé à le croire. Il n'est pas douteux que la manoeuvre aurait été un grand succès, ne serait-ce que par la destruction complète du corps de Kleist. Dès lors, l'empereur était libre de marcher pour soutenir Oudinot et de s'emparer de Berlin ou de voler à la rescousse de Mac-Donald si vilainement amoché après le désastre de la Katzbach.
Dans le même temps, Napoléon décide de lancer Oudinot contre Berlin, la prise de la capitale lui paraissant primordiale et de nature à saisir un gage précieux. Il s'agit bien d'une offensive et dans une direction stratégique de haute importance. Malheureusement, l'empereur n'y met pas les moyens voulus et monte une combinaison périlleuse par les lignes extérieures, visant à concentrer 110 000 hommes, après la prise de Berlin. En ne confiant que 65 000 hommes à Oudinot, il court la chance que celui-ci soit battu par Bernadotte qui aura sous la main de 80 000 à 90 000 hommes. Napoléon le juge médiocre et sait qu'il n'a jamais commandé plus qu'un corps d'armée. Il se fait une fausse idée des levées prussiennes et des ramassis recrutés dans toute l'Allemagne du Nord. Grouard considère que tout à son idée de manoeuvre contre l'armée de Bohême, l'empereur aurait dû rester sur la défensive avec Oudinot, en attendant de pouvoir le renforcer et de marcher lui-même sur la capitale prussienne ! Sans même considérer les évènements, on ne peut que lui donner raison.
On sait ce qu'il en advint. Ne voyant pas les Bohémiens déboucher des frontières, il se lance au secours de Ney qui recule devant Blücher. Sur ce point, Grouard ne trouve rien à redire. Informés de ce mouvement, les coalisés décident de se saisir de Dresde. En un sens, ils vont au devant des désirs de l'Empereur. Si ce dernier est dissuadé de réaliser une des plus belles de ses manoeuvres, il improvise avec brio la marche sur Dresde et le succès tactique qui voit la gauche de l'armée de Bohême entièrement détruite. Quand la poursuite des Bohémiens s'exécute et qu'il a l'opportunité de transformer leur défaite en désastre, les nouvelles des défaites de Gros-Beeren et de la Katzbach viennent perturber son attention, ce dont Vandamme fait les frais à Külm. Que l'on scrute les évènements de près ou de loin, on retombe toujours sur cette volonté prématurée de prendre l'ascendant sur le front nord où Napoléon ne contrôle rien...
En effet, il est peu probable que Bernadotte soit passé à l'offensive. Son plan était d'attaquer Wittenberg et de passer l'Elbe à Rosslau. Avec un peu de sagacité, Oudinot était en mesure de faire échouer ce plan. Prolongeant sa victoire retentissante à Dresde, l'Empereur n'aurait pas manqué de se porter de sa personne à hauteur de Pirna, comme il le fit et de faire filer la Garde en soutien de Vandamme, comme ce dernier était fondé à le croire. Il n'est pas douteux que la manoeuvre aurait été un grand succès, ne serait-ce que par la destruction complète du corps de Kleist. Dès lors, l'empereur était libre de marcher pour soutenir Oudinot et de s'emparer de Berlin ou de voler à la rescousse de Mac-Donald si vilainement amoché après le désastre de la Katzbach.
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Je suis un peu déçu, car aucun participant n'a souhaité relevé le gant. Diégo a bien donné son point de vue sur la personnalité du colonel Grouard, mettant en doute sa capacité à critiquer le grand capitaine. Mais sur le fond, personne ne s'y est risqué. Diégo nous a bien promis de s'y atteler quand il en aura le temps. J'ai cherché les failles dans le raisonnement de Grouard, mais je ne les ai pas trouvées. Possible que cela soit parce que j'ai mal cherché. Je ne demande pas mieux que d'être mis en défaut. J'ai bien suivi la méthode que Diégo a lui-même préconisée : suivre la manière dont les lieutenants de l'empereur ont appliqué ses ordres et voir dans quelle mesure ils s'en sont éloignés, au point de provoquer l'échec ! Oudinot me semble hors de cause. Il a suivi ses instructions à la lettre, mais n'a pas su les concrétiser sur le terrain en s'adaptant à l'environnement tactique de la situation, au cours de la journée de Gross-Beeren. Davout aurait fait mieux, sans-doute... Ce dernier est pourtant coupable à mes yeux de ne pas avoir mieux coopéré avec Oudinot. Il aurait dû engager directement son corps d'armée vers Berlin, retenant ainsi d'autres forces que celles de Walmoden et les critiques de Thiébault ne me paraissent pas toutes injustifiées. Je pense qu'on ne peut rien reprocher à Girard qui n'a pas été soutenu comme cela était prévu par Dombrovski... Ce dernier avec ses 5 000 hommes n'a pas décollé de Wittenberg, ce qui est une désobéissance flagrante aux ordres qu'il avait reçus. Et ainsi, on voit que le plan général pêchait dans son exécution, car il supposait une application parfaite de chacun des acteurs concernés. Or, à la guerre, rien ne se passe jamais comme prévu...
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MANÉ Diégo
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Il faut (parfois) donner le temps au temps, et avec ces journées qui n'ont que 24 heures, sans parler de ce fichu décalage horaire, dont je mets à chaque fois six mois à me remettre, j'ai du mal à entretenir tous chauds les (trop) nombreux fers que j'ai au feu et qui, comme les iceberg, sont à 9/10e invisibles.
Maintenant, Bruno Roy-Henry à raison de me relancer car je fonctionne aussi en priorité selon l'intérêt qui est porté à tel ou tel sujet.
L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi, mais en revanche Oudinot oui, et un de taille, car en outre prochain nominé d'un autre post, celui concernant "Les pires maréchaux de l'Empire".
viewtopic.php?f=1&t=2594
J'avais déjà commencé à regarder certains aspects significatifs du personnage, qui méritera probablement plusieurs "épisodes" étant donné l'étendue des dégâts provoqués par ce néanmoins brave militaire (en l'occurrence du personnage et de son courage "néanplus" eut été davantage approprié).
Je ne veux donc pas "déflorer" à l'avance certains aspects du post susdit, mais je peux déposer dans celui-ci un extrait de mon Livret L3C 14 "Trois batailles pour Berlin" qui donne in extenso l'ordre de Napoléon à Oudinot du 12 août 1813, et qui peut nourrir les présentes discussions. Dont acte !
Diégo Mané
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Ordres de l'Empereur à Oudinot pour l'offensive contre Berlin en août 1813
"Mon cousin,
Le major-général vous a fait connaître que les hostilités recommenceront le 17. Il vous a fait également connaître que mon intention est que, le 14, la division Guilleminot et votre cavalerie légère soient réunies à Baruth, et que le 15 le reste de votre corps d'armée y soit réuni et que vous y ayiez votre quartier général. Vous emploierez ce temps à réunir sur Baruth 100,000 rations de pain que vous ferez faire à Lückau.
Le major général vous a fait connaître que le 7e corps, commandé par le général Regnier, et composé de trois divisions, deux saxonnes et une française, fesant 18,000 hommes présents sous les armes, avec une brigade de 2,000 chevaux saxons, arrivera le 16 ou le 17 à Lückau ; que le 4e corps, commandé par le général Bertrand, et composé d'une division française, d'une division italienne et d'une division würtembergeoise, avec une brigade de cavalerie légère, arrivera également le 16 ou le 17 à Lückau ; enfin que le duc de Padoue, avec le 3e corps de cavalerie, fort de 3 divisions fesant 6,000 chevaux, se rend aussi le 16 ou le 17 à Dahme ; il passera l'Elbe à Torgau. Envoyez des ordres à ces trois généraux pour leurs directions.
Le 18, si l'ennemi n'est pas en force supérieure devant vous, vous pourrez entrer aussitôt sur le territoire ennemi, ce qui vous mettra à même d'avoir des renseignements sur tout ce qui s'est fait et se passe devant vous. Le 4e corps, que vous pourrez diriger sur Baruth par Lüben, si vous le jugez plus convenable ; le corps du général Regnier, et le 3e corps de cavalerie qui arrivera à Baruth par Dahme, vous mettront à même de commencer sérieusement vos opérations de sorte que le 21 ou le 22 vous puissiez être à Berlin. Vous aurez ainsi sous vos ordres 9 divisions d'infanterie, avec 3 brigades de cavalerie légère et trois divisions de cavalerie, celà formera :
XIIe corps, 16.000 hommes d'infanterie, 1.400 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IVe corps, 22.000 hommes d'infanterie, 1.000 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
VIIe corps, 18.000 hommes d'infanterie, 1.600 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IIIe corps de cavalerie, 6.000 hommes de cavalerie, 24 pièces d’artillerie.
Total, 56.000 hommes d’infanterie, 10.000 de cavalerie, 210 pièces d’artillerie.
Ce qui fait 70 à 75.000 hommes. Dans cette artillerie, il y a 4 batteries de réserve de pièces de 12. Vous ne devez pas perdre de monde devant des villages et des postes retranchés ; mais vous devez sur-le-champ faire avancer vos 32 pièces de 12, de vos quatre batteries de réserve, avec une quarantaine d'obusiers au moyen de quoi vous détruisez en deux heures toutes les fortifications de campagne.
Le général Girard se rend à Magdebourg ; il aura sous ses ordres le corps du général Dombrowsky, composé de 8 bataillons polonais, avec 2 régiments de cavalerie et une batterie d'artillerie à cheval, faisant à peu-près 5.000 hommes. Au moment de l'expiration de l'armistice, s'il était poussé par des forces supérieures, il se replierait sur Wittenberg ; mais il reprendra l'offensive aussitôt qu'il le pourra, et il marchera pour maintenir les communications entre vous et Wittenberg.
Outre le corps du général Dombrowsky, le général Girard aura sous ses ordres une division de 8 à 9,000 hommes, avec laquelle il manoeuvrera en avant de Magdebourg ; il tachera de se lier avec le général Dombrowsky, et réunira ainsi, entre Wittenberg, Magdebourg et Berlin, 12 à 15,000 hommes.
Le prince d'Eckmühl débouchera le 18 ; dès ce moment son quartier général est hors de Hambourg et son corps est réuni sur la rive droite de l'Elbe, renforcé par 15,000 Danois ; ce qui le porte à plus de 40,000 hommes. Il suivra l'ennemi, ou l'attaquera s'il est en nombre inférieur, et manoeuvrera de manière à le couper de la mer et à se placer entre Berlin et Stettin.
Il y aura donc contre Berlin votre corps fort de 70,000 hommes, le corps du général Girard fort de 12,000 hommes et celui du prince d'Eckmühl fort de 40,000 : c'est-à-dire en tout 120,000 hommes. Après avoir occupé Berlin, vous manoeuvrerez pour établir vos communications avec Wittenberg et Magdebourg ; et le général Girard sera merveilleusement bien pour celà. Vous débloquerez Cüstrin et vous ravitaillerez cette place en y jetant tous les vivres que vous pourrez trouver à 20 lieues autour. Vous débloquerez et ravitaillerez de même Stettin, d'où vous retirerez tous les généraux qui sont inutiles, en n'y en laissant qu'un seul pour commander la place.
Vous obligerez les Suédois à se rembarquer et vous rejeterez l'ennemi au delà de l'Oder. J'ai fait préparer un équipage de siège pour essayer de reprendre Spandau. Le maréchal Saint-Cyr, avec le 14e corps, a son quartier général à Pirna. Je fais venir à Dresde le général Vandamme avec son corps d'armée ; et quoique je m'attende à ce que l'Autriche me déclare la guerre dans peu de jours, je suis en mesure de faire face à tout. Le vice-roi, avec une armée de 80,000 hommes, se porte sur Gratz. Indépendemment des 120,000 hommes que je dirige contre Berlin, j'oppose deux armées aux armées russes et prussiennes et autrichiennes, égales à ce qu'elles peuvent me présenter.
Le général Lemarois, le prince d'Eckmühl, le général Lapoype, le général Durosnel, le gouverneur de Torgau ont un chiffre qui est le même que celui que vous avez : il faut en profiter pour leur écrire en chiffres tout ce qu'il est dangereux que l'ennemi connût. Le commissaire des guerres de Torgau ne vous a pas envoyé le complément de vos 6,000 quintaux de farine ; il vient de recevoir l'ordre de le faire. Envoyez à Torgau, pour le prendre, toutes vos charettes de réquisition ; mais vous devez garder vos équipages pour l'approvisionnement de Baruth et vous suivre. Faites en sorte que le général Bertrand et le général Regnier trouvent des vivres à Lückau pour leur consommation, et même pour en charger leurs voitures disponibles. Faites-moi connaître quel est le commandant que vous laisserez à Lückau.
Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Signé : NAPOLÉON
A Dresde, le 12 août 1813.
Au maréchal duc de Reggio."
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Il m'a semblé intéressant de reproduire in-extenso cet ordre, donné en annexe de l'ouvrage du Grenadier Pils. J'ai respecté scrupuleusement les orthographes données. On y voit Napoléon entrer dans le moindre détail et pousser la prospective assez loin afin de ne pas laisser son lieutenant "sans idée". Les effectifs sont parfois optimistes -mais sans doute est-ce voulu- et l'on se reportera aux Ordres de Bataille donnés ailleurs dans ce livret. Les "8 bataillons polonais" et 5.000 hommes crédités à Dombrowski -qui n'en a que 4 et 3.800 hommes- sont un bon exemple.
Maintenant, Bruno Roy-Henry à raison de me relancer car je fonctionne aussi en priorité selon l'intérêt qui est porté à tel ou tel sujet.
L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi, mais en revanche Oudinot oui, et un de taille, car en outre prochain nominé d'un autre post, celui concernant "Les pires maréchaux de l'Empire".
viewtopic.php?f=1&t=2594
J'avais déjà commencé à regarder certains aspects significatifs du personnage, qui méritera probablement plusieurs "épisodes" étant donné l'étendue des dégâts provoqués par ce néanmoins brave militaire (en l'occurrence du personnage et de son courage "néanplus" eut été davantage approprié).
Je ne veux donc pas "déflorer" à l'avance certains aspects du post susdit, mais je peux déposer dans celui-ci un extrait de mon Livret L3C 14 "Trois batailles pour Berlin" qui donne in extenso l'ordre de Napoléon à Oudinot du 12 août 1813, et qui peut nourrir les présentes discussions. Dont acte !
Diégo Mané
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Ordres de l'Empereur à Oudinot pour l'offensive contre Berlin en août 1813
"Mon cousin,
Le major-général vous a fait connaître que les hostilités recommenceront le 17. Il vous a fait également connaître que mon intention est que, le 14, la division Guilleminot et votre cavalerie légère soient réunies à Baruth, et que le 15 le reste de votre corps d'armée y soit réuni et que vous y ayiez votre quartier général. Vous emploierez ce temps à réunir sur Baruth 100,000 rations de pain que vous ferez faire à Lückau.
Le major général vous a fait connaître que le 7e corps, commandé par le général Regnier, et composé de trois divisions, deux saxonnes et une française, fesant 18,000 hommes présents sous les armes, avec une brigade de 2,000 chevaux saxons, arrivera le 16 ou le 17 à Lückau ; que le 4e corps, commandé par le général Bertrand, et composé d'une division française, d'une division italienne et d'une division würtembergeoise, avec une brigade de cavalerie légère, arrivera également le 16 ou le 17 à Lückau ; enfin que le duc de Padoue, avec le 3e corps de cavalerie, fort de 3 divisions fesant 6,000 chevaux, se rend aussi le 16 ou le 17 à Dahme ; il passera l'Elbe à Torgau. Envoyez des ordres à ces trois généraux pour leurs directions.
Le 18, si l'ennemi n'est pas en force supérieure devant vous, vous pourrez entrer aussitôt sur le territoire ennemi, ce qui vous mettra à même d'avoir des renseignements sur tout ce qui s'est fait et se passe devant vous. Le 4e corps, que vous pourrez diriger sur Baruth par Lüben, si vous le jugez plus convenable ; le corps du général Regnier, et le 3e corps de cavalerie qui arrivera à Baruth par Dahme, vous mettront à même de commencer sérieusement vos opérations de sorte que le 21 ou le 22 vous puissiez être à Berlin. Vous aurez ainsi sous vos ordres 9 divisions d'infanterie, avec 3 brigades de cavalerie légère et trois divisions de cavalerie, celà formera :
XIIe corps, 16.000 hommes d'infanterie, 1.400 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IVe corps, 22.000 hommes d'infanterie, 1.000 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
VIIe corps, 18.000 hommes d'infanterie, 1.600 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IIIe corps de cavalerie, 6.000 hommes de cavalerie, 24 pièces d’artillerie.
Total, 56.000 hommes d’infanterie, 10.000 de cavalerie, 210 pièces d’artillerie.
Ce qui fait 70 à 75.000 hommes. Dans cette artillerie, il y a 4 batteries de réserve de pièces de 12. Vous ne devez pas perdre de monde devant des villages et des postes retranchés ; mais vous devez sur-le-champ faire avancer vos 32 pièces de 12, de vos quatre batteries de réserve, avec une quarantaine d'obusiers au moyen de quoi vous détruisez en deux heures toutes les fortifications de campagne.
Le général Girard se rend à Magdebourg ; il aura sous ses ordres le corps du général Dombrowsky, composé de 8 bataillons polonais, avec 2 régiments de cavalerie et une batterie d'artillerie à cheval, faisant à peu-près 5.000 hommes. Au moment de l'expiration de l'armistice, s'il était poussé par des forces supérieures, il se replierait sur Wittenberg ; mais il reprendra l'offensive aussitôt qu'il le pourra, et il marchera pour maintenir les communications entre vous et Wittenberg.
Outre le corps du général Dombrowsky, le général Girard aura sous ses ordres une division de 8 à 9,000 hommes, avec laquelle il manoeuvrera en avant de Magdebourg ; il tachera de se lier avec le général Dombrowsky, et réunira ainsi, entre Wittenberg, Magdebourg et Berlin, 12 à 15,000 hommes.
Le prince d'Eckmühl débouchera le 18 ; dès ce moment son quartier général est hors de Hambourg et son corps est réuni sur la rive droite de l'Elbe, renforcé par 15,000 Danois ; ce qui le porte à plus de 40,000 hommes. Il suivra l'ennemi, ou l'attaquera s'il est en nombre inférieur, et manoeuvrera de manière à le couper de la mer et à se placer entre Berlin et Stettin.
Il y aura donc contre Berlin votre corps fort de 70,000 hommes, le corps du général Girard fort de 12,000 hommes et celui du prince d'Eckmühl fort de 40,000 : c'est-à-dire en tout 120,000 hommes. Après avoir occupé Berlin, vous manoeuvrerez pour établir vos communications avec Wittenberg et Magdebourg ; et le général Girard sera merveilleusement bien pour celà. Vous débloquerez Cüstrin et vous ravitaillerez cette place en y jetant tous les vivres que vous pourrez trouver à 20 lieues autour. Vous débloquerez et ravitaillerez de même Stettin, d'où vous retirerez tous les généraux qui sont inutiles, en n'y en laissant qu'un seul pour commander la place.
Vous obligerez les Suédois à se rembarquer et vous rejeterez l'ennemi au delà de l'Oder. J'ai fait préparer un équipage de siège pour essayer de reprendre Spandau. Le maréchal Saint-Cyr, avec le 14e corps, a son quartier général à Pirna. Je fais venir à Dresde le général Vandamme avec son corps d'armée ; et quoique je m'attende à ce que l'Autriche me déclare la guerre dans peu de jours, je suis en mesure de faire face à tout. Le vice-roi, avec une armée de 80,000 hommes, se porte sur Gratz. Indépendemment des 120,000 hommes que je dirige contre Berlin, j'oppose deux armées aux armées russes et prussiennes et autrichiennes, égales à ce qu'elles peuvent me présenter.
Le général Lemarois, le prince d'Eckmühl, le général Lapoype, le général Durosnel, le gouverneur de Torgau ont un chiffre qui est le même que celui que vous avez : il faut en profiter pour leur écrire en chiffres tout ce qu'il est dangereux que l'ennemi connût. Le commissaire des guerres de Torgau ne vous a pas envoyé le complément de vos 6,000 quintaux de farine ; il vient de recevoir l'ordre de le faire. Envoyez à Torgau, pour le prendre, toutes vos charettes de réquisition ; mais vous devez garder vos équipages pour l'approvisionnement de Baruth et vous suivre. Faites en sorte que le général Bertrand et le général Regnier trouvent des vivres à Lückau pour leur consommation, et même pour en charger leurs voitures disponibles. Faites-moi connaître quel est le commandant que vous laisserez à Lückau.
Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Signé : NAPOLÉON
A Dresde, le 12 août 1813.
Au maréchal duc de Reggio."
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Il m'a semblé intéressant de reproduire in-extenso cet ordre, donné en annexe de l'ouvrage du Grenadier Pils. J'ai respecté scrupuleusement les orthographes données. On y voit Napoléon entrer dans le moindre détail et pousser la prospective assez loin afin de ne pas laisser son lieutenant "sans idée". Les effectifs sont parfois optimistes -mais sans doute est-ce voulu- et l'on se reportera aux Ordres de Bataille donnés ailleurs dans ce livret. Les "8 bataillons polonais" et 5.000 hommes crédités à Dombrowski -qui n'en a que 4 et 3.800 hommes- sont un bon exemple.
"Veritas Vincit"
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Attendons de voir en quoi Oudinot aurait enfreint les ordres de l'Empereur. Rappelons qu'il n'avait sous ses ordres que 65 000 hommes, dont un quart au moins composés de "confédérés" (Bavarois, Saxons, Westphaliens, etc) pour la plupart novices et tout prêt à se débander au moindre insuccès, comme l'expérience le prouvera malheureusement. Je cherche en vain dans l'esprit de l'Empereur (hypothèse vaine et quelque peu prétentieuse, je le reconnais), ce qui a pu lui faire accroire qu'Oudinot ne rencontrerait pas sur sa route des effectifs supérieurs, tant en quantité qu'en qualité. Certes, Napoléon jugeait Bernadotte comme un piètre manoeuvrier ; sans-doute méprisait-il ses Suédois qui n'avaient aucune expérience du feu ; mais comment a-t-il pu supposer que les nouvelles recrues prussiennes ne compenseraient pas leur inexpérience par leur ardeur patriotique ? Bernadotte avait un atout maître dans son jeu : c'était Bülow et son corps de 40 000 Prussiens. Et pourtant, Napoléon ne l'ignorait pas : Bülow avait déjà pris l'ascendant sur Oudinot au combat de Luckau le 4 juin 1813...
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MANÉ Diégo
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Avant d'aborder la cause principale de l'échec de l'offensive sur Berlin (le choix d'Oudinot pour la mener à bien) j'ai voulu vérifier les effectifs partout annoncés de 5000 hommes pour Dombrowski ... Et c'est encore pire que ce que j'ai déjà indiqué à la baisse précédemment. Je vous partage ce que j'ai déterminé.
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Le GD Dombrowski en 1813, extrait de mon L3C 17 "Poniatowski et les troupes polonaises en 1813".
Réorganise un noyau de division polonaise et défend Wittenberg, 1813. Chargé de relier l'Armée de Berlin, commandée par Oudinot, et la division de Magdebourg, menée par Girard.
Il ne réussira pas cette "mission impossible" et sera accusé par Girard, sous les ordres duquel il se trouvait, de ne pas avoir obéi à ses ordres, provoquant sa défaite de Hagelsberg.
Napoléon demande une enquête qui blanchira sans doute le général polonais car il conservera son commandement par la suite. Participe brillamment à Mockern le 16 Octobre, puis à Leipzig le 18. Commandant les forces polonaises après la mort de Poniatowski et le départ de Sulkowski.
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Force réelle de la « Division Dombrowski » en août 1813
Commandement effectif du GD Dombrowski
(2688 S&B et 6 pièces servies par 166 artilleurs => 2854 h) Infanterie (4), 1442 h
2e d’infanterie (2), 761 h 14e d’infanterie (2), 681 Cavalerie (8), 1246 h 2e Lanciers (4), 639 h
4e Chasseurs, équipé de lances (4), 607 h
Artillerie (6 pièces), 166 h
1ère Cie d’Artillerie à cheval, 96 h Train d’artillerie, 70 h
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Polonais de la Garnison de Wittenberg (4) (1127 h + 1026 h en route + 56 cavaliers total 1209 h) Légion de la Vistule (2), 741 h + 592 en route, total 1333 h
4e d’infanterie (2), 386 h + 434 en route, total 820 h Détachement de Lanciers, 56 h
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Cumul des forces ci-dessus
(4923 S&B et 6 pièces servies par 166 ART => 5089 h) Infanterie (8), 3621 h Cavalerie (8), 1302 h Artillerie (6 pièces), 166 h
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Donc, en empilant tout ce que l’on peut, y compris des unités encore en route de ces situations des archives du SHAT au 1er août (souvent présentées comme au 15) on obtient 5000 hommes comme avancé dans bien des écrits … Mais qui ne se trouvèrent jamais rassemblés, sauf dans des armées de kriegspielers, avec la caution impériale, excusez du peu …
… Mais qui ne résiste pas à l’analyse des ordres contradictoires de l’Empereur lui-même et que je vous extrais de mon L3C 17 « Poniatowski et les troupes polonaises en 1813 ».
L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 7 août 1813 :
« Donnez ordre au régiment polonais n° 4 qui est à Magdebourg d'en partir le 3 pour se rendre à Dresde. » (sic l'incompatibilité de dates !)... « Donnez ordre au général Lapoype (le gouverneur de Wittenberg) de faire partir le régiment de la Vistule... après-demain pour se rendre également à Dresde. »
Commentaires DM : Magdebourg est à 190 km de Dresde à vol d’oiseau, 220 km par la route. Il faut bien six jours pour que l’ordre parvienne à Magdebourg, et 7 jours de plus pour que le 4e régiment arrive à Dresde, disons vers le 20 août.
Wittenberg est à 120 km de Dresde à vol d’oiseau, 200 km par la route. Il faut bien 3 jours pour que l’ordre parvienne à Wittenberg et 5 jours de plus pour que le Régiment de la Vistule arrive à Dresde, disons vers le 15 août.
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L'Empereur à Lemarois (gouverneur de Magdebourg), Dresde, le 12 août 1813 :
« ... Je donne ordre au général Dombrowski de former autour de Wittenberg un corps volant de huit bataillons, savoir : deux bataillons du 4e polonais, deux bataillons de la Vistule et les quatre qu'il a avec lui et de deux régiments de cavalerie avec une batterie à cheval. » (Même information à Lapoype à Wittenberg).
Commentaires DM : Wittenberg est à 90 km au Sud-Est de Magdebourg. Mais Dombrowski a son QG à Zerbst, à environ 45 km à l’Ouest de Wittenberg, à mi-chemin de Magdebourg. Il est bien précisé que Dombrowski n’a alors que 4 bataillons avec lui (des 2e et 14e d’infanterie).
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L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 12 août 1813 : Composition du corps du général Girard, dont : « La division Dombrowski composée du 2e polonais... 2 bataillons, 14e polonais... 2 bataillons, 4e polonais... 2 bataillons. Ce dernier régiment arrive aujourd'hui à Halle et demain à Leipzig. Donnez-lui des ordres pour qu'il se détourne et se rende à Wittenberg où il sera sous les ordres du général Dombrowski. »
Commentaires DM : Dresde est à 120 km au Sud de Leipzig, 3 jours pour que l’ordre y parvienne. Wittenberg est à 70 km au Nord de Leipzig, 2 jours de plus pour que le 4e d’infanterie y arrive, vers le 17 août.
« Ce général aura de même 2 bataillons de la Vistule. Ce qui lui formera 8 bataillons et 4.000 hommes qui seront partagés en 2 brigades, chacune commandée par un général de brigade polonais. Il aura de plus deux régiments de cavalerie qui forment 1.200 hommes et une batterie d'artillerie légère. Cela lui formera un corps de 5 à 6.000 hommes sur la ligne de démarcation et en avant de Wittenberg."
Commentaires DM : c’est l’ajout du Régiment de la Vistule qui permet d’obtenir 8 bataillons, mais seulement 3600 hommes d’infanterie. Sans lui le plafond théorique descend à 2300 h !
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L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 13 août 1813 :
"... Les deux bataillons de la Vistule qui sont à Meissen y resteront jusqu'à ce qu'ils soient remplacés...".
Commentaire DM : Meissen est à 25 km au Nord-Ouest de Dresde.
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Rapport de Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Bautzen, le 17 août 1813 : "Conformément aux ordres de Votre Majesté, le régiment d'infanterie de la Vistule est parti hier 16, de Dresde et doit arriver ici aujourd'hui. Il demande les ordres de Votre Majesté pour sa destination ultérieure.
_ Il joindra le corps du prince Poniatowski sur Zittau, par Lobau. Napoléon. »
Commentaires DM : Bautzen est 50-60 km à l’Est de Dresde. Zittau est à 40 km de Bautzen. Mais l’information importante est que le Régiment de la Vistule ne rejoignit pas Dombrowski, ce qui ramène déjà le reste du « corps volant » projeté de 5000 h à 3700, et encore si tant est que le 4e d’infanterie ait bien rejoint, sinon nous passerions en dessous de 2900 hommes. Quoi qu’il en soit, lors des opérations de Leipzig en octobre, si la Division Dombrowski aligne bien le 4e, qui l’a donc rejoint, on ne trouve plus le 14e, probablement resté à Wittenberg.
Bref, Dombrowski n’aligna jamais 8 bataillons, et peut-être même n’en aligna-t-il que 4, ce qui change considérablement et la donne et ses possibilités, expliquant l’insuccès de sa « sortie » de Wittenberg, bien vite ramenée aux dures réalités de sa situation.
Le Six indique 5 officiers du 14e d’infanterie ßlessés « devant Wittenberg » le 21 août 1813, ce qui confirme que le général polonais est bien sorti de la place, contrairement à certaines assertions. Et outre les forces régulières supérieures dirigées contre lui par Winzingerode, il faut ajouter que le secteur était « noyé » sous les Cosaques de Czernychew qui se reporteront contre Girard.
Ce dernier, qui s’est plaint du manque de concours des Polonais, ne pouvait ignorer la force réelle de Dombrowski puisqu’il passa la division en revue à Wittenberg le 14 août, date à laquelle, il est vrai, elle ne pouvait aligner que ses 4 bataillons originels. Le général a pu les croire de bonne foi passés au double avant ses opérations. Nous savons que cela n’arriva pas.
Et ce fut l’une des causes de la défaite subie par Girard à Hagelsberg le 27 août 1813 alors qu’il tentait de tendre la main aux Polonais sur sa droite tout en garantissant la gauche Oudinot, ignorant que ce dernier, qui ne l’avait même pas prévenu, s’était mis en retraite sans y être vraiment forcé par son échec de Gross Beeren le 21, laissant par corollaire Girard isolé et à merci en pointe.
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Détails d'après Esposito & Elting (A Military History and Atlas of the Napoleonic Wars).
Situation le 21 août 1813, où l'on voit la sortie de Magdebourg et l'offensive d'Oudinot. Le même jour le 14e d'infanterie de Dombrowski est repoussé dans Wittenberg. Le reste de ses troupes est alors dispersé par sa lutte contre des partisans.

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Situation le 26 août 1813, où l'on voit Oudinot parti et Girard attaqué.

Diégo Mané
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À suivre ...
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Le GD Dombrowski en 1813, extrait de mon L3C 17 "Poniatowski et les troupes polonaises en 1813".
Réorganise un noyau de division polonaise et défend Wittenberg, 1813. Chargé de relier l'Armée de Berlin, commandée par Oudinot, et la division de Magdebourg, menée par Girard.
Il ne réussira pas cette "mission impossible" et sera accusé par Girard, sous les ordres duquel il se trouvait, de ne pas avoir obéi à ses ordres, provoquant sa défaite de Hagelsberg.
Napoléon demande une enquête qui blanchira sans doute le général polonais car il conservera son commandement par la suite. Participe brillamment à Mockern le 16 Octobre, puis à Leipzig le 18. Commandant les forces polonaises après la mort de Poniatowski et le départ de Sulkowski.
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Force réelle de la « Division Dombrowski » en août 1813
Commandement effectif du GD Dombrowski
(2688 S&B et 6 pièces servies par 166 artilleurs => 2854 h) Infanterie (4), 1442 h
2e d’infanterie (2), 761 h 14e d’infanterie (2), 681 Cavalerie (8), 1246 h 2e Lanciers (4), 639 h
4e Chasseurs, équipé de lances (4), 607 h
Artillerie (6 pièces), 166 h
1ère Cie d’Artillerie à cheval, 96 h Train d’artillerie, 70 h
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Polonais de la Garnison de Wittenberg (4) (1127 h + 1026 h en route + 56 cavaliers total 1209 h) Légion de la Vistule (2), 741 h + 592 en route, total 1333 h
4e d’infanterie (2), 386 h + 434 en route, total 820 h Détachement de Lanciers, 56 h
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Cumul des forces ci-dessus
(4923 S&B et 6 pièces servies par 166 ART => 5089 h) Infanterie (8), 3621 h Cavalerie (8), 1302 h Artillerie (6 pièces), 166 h
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Donc, en empilant tout ce que l’on peut, y compris des unités encore en route de ces situations des archives du SHAT au 1er août (souvent présentées comme au 15) on obtient 5000 hommes comme avancé dans bien des écrits … Mais qui ne se trouvèrent jamais rassemblés, sauf dans des armées de kriegspielers, avec la caution impériale, excusez du peu …
… Mais qui ne résiste pas à l’analyse des ordres contradictoires de l’Empereur lui-même et que je vous extrais de mon L3C 17 « Poniatowski et les troupes polonaises en 1813 ».
L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 7 août 1813 :
« Donnez ordre au régiment polonais n° 4 qui est à Magdebourg d'en partir le 3 pour se rendre à Dresde. » (sic l'incompatibilité de dates !)... « Donnez ordre au général Lapoype (le gouverneur de Wittenberg) de faire partir le régiment de la Vistule... après-demain pour se rendre également à Dresde. »
Commentaires DM : Magdebourg est à 190 km de Dresde à vol d’oiseau, 220 km par la route. Il faut bien six jours pour que l’ordre parvienne à Magdebourg, et 7 jours de plus pour que le 4e régiment arrive à Dresde, disons vers le 20 août.
Wittenberg est à 120 km de Dresde à vol d’oiseau, 200 km par la route. Il faut bien 3 jours pour que l’ordre parvienne à Wittenberg et 5 jours de plus pour que le Régiment de la Vistule arrive à Dresde, disons vers le 15 août.
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L'Empereur à Lemarois (gouverneur de Magdebourg), Dresde, le 12 août 1813 :
« ... Je donne ordre au général Dombrowski de former autour de Wittenberg un corps volant de huit bataillons, savoir : deux bataillons du 4e polonais, deux bataillons de la Vistule et les quatre qu'il a avec lui et de deux régiments de cavalerie avec une batterie à cheval. » (Même information à Lapoype à Wittenberg).
Commentaires DM : Wittenberg est à 90 km au Sud-Est de Magdebourg. Mais Dombrowski a son QG à Zerbst, à environ 45 km à l’Ouest de Wittenberg, à mi-chemin de Magdebourg. Il est bien précisé que Dombrowski n’a alors que 4 bataillons avec lui (des 2e et 14e d’infanterie).
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L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 12 août 1813 : Composition du corps du général Girard, dont : « La division Dombrowski composée du 2e polonais... 2 bataillons, 14e polonais... 2 bataillons, 4e polonais... 2 bataillons. Ce dernier régiment arrive aujourd'hui à Halle et demain à Leipzig. Donnez-lui des ordres pour qu'il se détourne et se rende à Wittenberg où il sera sous les ordres du général Dombrowski. »
Commentaires DM : Dresde est à 120 km au Sud de Leipzig, 3 jours pour que l’ordre y parvienne. Wittenberg est à 70 km au Nord de Leipzig, 2 jours de plus pour que le 4e d’infanterie y arrive, vers le 17 août.
« Ce général aura de même 2 bataillons de la Vistule. Ce qui lui formera 8 bataillons et 4.000 hommes qui seront partagés en 2 brigades, chacune commandée par un général de brigade polonais. Il aura de plus deux régiments de cavalerie qui forment 1.200 hommes et une batterie d'artillerie légère. Cela lui formera un corps de 5 à 6.000 hommes sur la ligne de démarcation et en avant de Wittenberg."
Commentaires DM : c’est l’ajout du Régiment de la Vistule qui permet d’obtenir 8 bataillons, mais seulement 3600 hommes d’infanterie. Sans lui le plafond théorique descend à 2300 h !
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L'Empereur à Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Dresde, le 13 août 1813 :
"... Les deux bataillons de la Vistule qui sont à Meissen y resteront jusqu'à ce qu'ils soient remplacés...".
Commentaire DM : Meissen est à 25 km au Nord-Ouest de Dresde.
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Rapport de Berthier (Major-Général de la Grande-Armée), Bautzen, le 17 août 1813 : "Conformément aux ordres de Votre Majesté, le régiment d'infanterie de la Vistule est parti hier 16, de Dresde et doit arriver ici aujourd'hui. Il demande les ordres de Votre Majesté pour sa destination ultérieure.
_ Il joindra le corps du prince Poniatowski sur Zittau, par Lobau. Napoléon. »
Commentaires DM : Bautzen est 50-60 km à l’Est de Dresde. Zittau est à 40 km de Bautzen. Mais l’information importante est que le Régiment de la Vistule ne rejoignit pas Dombrowski, ce qui ramène déjà le reste du « corps volant » projeté de 5000 h à 3700, et encore si tant est que le 4e d’infanterie ait bien rejoint, sinon nous passerions en dessous de 2900 hommes. Quoi qu’il en soit, lors des opérations de Leipzig en octobre, si la Division Dombrowski aligne bien le 4e, qui l’a donc rejoint, on ne trouve plus le 14e, probablement resté à Wittenberg.
Bref, Dombrowski n’aligna jamais 8 bataillons, et peut-être même n’en aligna-t-il que 4, ce qui change considérablement et la donne et ses possibilités, expliquant l’insuccès de sa « sortie » de Wittenberg, bien vite ramenée aux dures réalités de sa situation.
Le Six indique 5 officiers du 14e d’infanterie ßlessés « devant Wittenberg » le 21 août 1813, ce qui confirme que le général polonais est bien sorti de la place, contrairement à certaines assertions. Et outre les forces régulières supérieures dirigées contre lui par Winzingerode, il faut ajouter que le secteur était « noyé » sous les Cosaques de Czernychew qui se reporteront contre Girard.
Ce dernier, qui s’est plaint du manque de concours des Polonais, ne pouvait ignorer la force réelle de Dombrowski puisqu’il passa la division en revue à Wittenberg le 14 août, date à laquelle, il est vrai, elle ne pouvait aligner que ses 4 bataillons originels. Le général a pu les croire de bonne foi passés au double avant ses opérations. Nous savons que cela n’arriva pas.
Et ce fut l’une des causes de la défaite subie par Girard à Hagelsberg le 27 août 1813 alors qu’il tentait de tendre la main aux Polonais sur sa droite tout en garantissant la gauche Oudinot, ignorant que ce dernier, qui ne l’avait même pas prévenu, s’était mis en retraite sans y être vraiment forcé par son échec de Gross Beeren le 21, laissant par corollaire Girard isolé et à merci en pointe.
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Détails d'après Esposito & Elting (A Military History and Atlas of the Napoleonic Wars).
Situation le 21 août 1813, où l'on voit la sortie de Magdebourg et l'offensive d'Oudinot. Le même jour le 14e d'infanterie de Dombrowski est repoussé dans Wittenberg. Le reste de ses troupes est alors dispersé par sa lutte contre des partisans.

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Situation le 26 août 1813, où l'on voit Oudinot parti et Girard attaqué.

Diégo Mané
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À suivre ...
"Veritas Vincit"
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ROY-HENRY Bruno
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- Inscription : dim. août 30, 2026 10:51 am
Re: Haro sur le colonel Grouard...
C'est dommage, parce que c'est précisément le sujet. Le plan de Napoléon était-il bon ? Non, il ne l'était pas et je n'ai malheureusement trouvé personne pour démontrer le contraire... D'autant qu'aucun point de concentration n'avait été fixé aux 3 colonnes qui devaient converger sur Berlin. Qu'Oudinot ou même Davout n'aient pas été à la hauteur de l'exécution du plan, c'est entendu. Tel qu'il était conçu et en fonction des effectifs en présence, il ne pouvait aboutir qu'à un échec.MANE Diègo a écrit :L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi
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MANÉ Diégo
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- Inscription : sam. janv. 31, 2004 9:12 am
Re: Haro sur le colonel Grouard...
DM => BRH
Si le sujet consiste à donner raison à Grouard je confirme que ce n'est pas un sujet pour moi, qui accessoirement (quoique) vous ai prouvé plus haut que le rôle titre s'est sévèrement planté sur un autre très important point polémique vieux de 2,11 siècles et démonté par mes soins.
Or donc lorsque je trouve en défaut quelqu'un de la sorte je considère au moins douteux tout ce qu'il a pu écrire par ailleurs tant que je n'ai pas eu le temps de le vérifier... Temps que je n'ai pas, et n'aurai pas de sitôt, entrant à la bourre dans la période annuelle de ma grande bataille du même métal.
Mon opinion à moi est d'ailleurs faite depuis longtemps, et comme elle est à contre-courant de la plupart des écrits, voire (presque) tous, je n'ai nul besoin de lire un contradicteur supplémentaire dont j'ignorais jusqu'à l'existence et qui ne fera que dire la même chose que tous les autres.
Maintenant il convient de me citer complètement ; qu'ai-je dit : "L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi, mais en revanche Oudinot oui", et j'ai aussi dit pourquoi, et beaucoup travaillé sur les à-côtés comme vous avez pu le voir, en publiant in extenso les ordres du maréchal, et donnant ceux de Girard et Dombrowski, exonérant de toute charge ce dernier que vous jugez coupable, peut-être comme Grouard (je n'ai pas vérifié) et beaucoup d'autres.
Girard est une victime (de plus) d'Oudinot, et Davout n'est parti (invaincu, lui) qu'une fois informé de la retraite de son collègue. C'est donc bien cette circonstance qui provoque les autres par corollaire et non l'inverse.
J'ai bien lu votre parti pris, en accord parfait avec Grouard je suppose, qui va dans le sens habituel que j'ai raillé dans un message précédent et qui répète à l'envi "on ne pouvait rien faire, ils étaient trop nombreux, etc...". Eh bien non, là comme (presque) partout ailleurs dans ces campagnes perdues de la fin de l'Empire il était parfaitement possible de l'emporter ou au moins de faire mieux que ce qui a été fait, et ce sans être un génie militaire, ce qu'aucun des maréchaux de la fin n'était.
Ceci dit, si le but est d'arriver à la conclusion que le plan de l'Empereur était défectueux par construction je veux bien vous l'accorder d'emblée sans en discuter davantage car j'en suis d'accord, essentiellement parce-qu'il reposait sur Oudinot qui aurait même raté un très bon plan, et là, c'est vrai qu'en plus il était mauvais, ou au moins optimiste. Maintenant, sur tous les autres aspects il y a matière à discussion et si vous la souhaitez je ne m'y déroberai pas.
Je pense cependant pour ma part à propos de déposer auparavant dans le post dédié les épisodes précédents de la carrière du maréchal en 1809, 1812 et même 1813, qui auraient dû l'exclure à jamais de tout commandement indépendant... Et pourtant Napoléon l'emploiera à nouveau en 1814, amenant de nouvelles "déconvenues" qui, couplées à celles de ses collègues, amèneront la "fin finale", l'abdication et la chute de l'Empire.
Il convient donc encore de rappeler que la cause principale des échecs de 1812 à 1815 réside dans le choix impérial de ceux qui commandaient si mal ses troupes, et qu'il conserva à leur tête désastre après désastre jusqu'a sa ruine.
Et de cela, oui, l'Empereur est totalement responsable.
Diégo Mané
Si le sujet consiste à donner raison à Grouard je confirme que ce n'est pas un sujet pour moi, qui accessoirement (quoique) vous ai prouvé plus haut que le rôle titre s'est sévèrement planté sur un autre très important point polémique vieux de 2,11 siècles et démonté par mes soins.
Or donc lorsque je trouve en défaut quelqu'un de la sorte je considère au moins douteux tout ce qu'il a pu écrire par ailleurs tant que je n'ai pas eu le temps de le vérifier... Temps que je n'ai pas, et n'aurai pas de sitôt, entrant à la bourre dans la période annuelle de ma grande bataille du même métal.
Mon opinion à moi est d'ailleurs faite depuis longtemps, et comme elle est à contre-courant de la plupart des écrits, voire (presque) tous, je n'ai nul besoin de lire un contradicteur supplémentaire dont j'ignorais jusqu'à l'existence et qui ne fera que dire la même chose que tous les autres.
Maintenant il convient de me citer complètement ; qu'ai-je dit : "L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi, mais en revanche Oudinot oui", et j'ai aussi dit pourquoi, et beaucoup travaillé sur les à-côtés comme vous avez pu le voir, en publiant in extenso les ordres du maréchal, et donnant ceux de Girard et Dombrowski, exonérant de toute charge ce dernier que vous jugez coupable, peut-être comme Grouard (je n'ai pas vérifié) et beaucoup d'autres.
Girard est une victime (de plus) d'Oudinot, et Davout n'est parti (invaincu, lui) qu'une fois informé de la retraite de son collègue. C'est donc bien cette circonstance qui provoque les autres par corollaire et non l'inverse.
J'ai bien lu votre parti pris, en accord parfait avec Grouard je suppose, qui va dans le sens habituel que j'ai raillé dans un message précédent et qui répète à l'envi "on ne pouvait rien faire, ils étaient trop nombreux, etc...". Eh bien non, là comme (presque) partout ailleurs dans ces campagnes perdues de la fin de l'Empire il était parfaitement possible de l'emporter ou au moins de faire mieux que ce qui a été fait, et ce sans être un génie militaire, ce qu'aucun des maréchaux de la fin n'était.
Ceci dit, si le but est d'arriver à la conclusion que le plan de l'Empereur était défectueux par construction je veux bien vous l'accorder d'emblée sans en discuter davantage car j'en suis d'accord, essentiellement parce-qu'il reposait sur Oudinot qui aurait même raté un très bon plan, et là, c'est vrai qu'en plus il était mauvais, ou au moins optimiste. Maintenant, sur tous les autres aspects il y a matière à discussion et si vous la souhaitez je ne m'y déroberai pas.
Je pense cependant pour ma part à propos de déposer auparavant dans le post dédié les épisodes précédents de la carrière du maréchal en 1809, 1812 et même 1813, qui auraient dû l'exclure à jamais de tout commandement indépendant... Et pourtant Napoléon l'emploiera à nouveau en 1814, amenant de nouvelles "déconvenues" qui, couplées à celles de ses collègues, amèneront la "fin finale", l'abdication et la chute de l'Empire.
Il convient donc encore de rappeler que la cause principale des échecs de 1812 à 1815 réside dans le choix impérial de ceux qui commandaient si mal ses troupes, et qu'il conserva à leur tête désastre après désastre jusqu'a sa ruine.
Et de cela, oui, l'Empereur est totalement responsable.
Diégo Mané
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Eh bien, voilà une réponse nette et carrée ! Nous sommes au moins d'accord sur le choix calamiteux d'Oudinot. Il y a aussi la question des effectifs et leur composition : il faut savoir qu'au départ l'empereur envisageait d'affecter à son plan pour la marche sur Berlin, le 1er corps commandé par Vandamme, à la place de Bertrand. Si cette articulation avait été conservée, cela aurait pu tout changer car le 1er corps était autrement solide que celui de Reynier avec ses Saxons. Peut-être qu'Oudinot aurait placé au centre Vandamme et en ce cas, il est probable que la bataille de Gross-Beeren aurait eu une toute autre tournure...
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
J'ai conscience de m'enfoncer; mais j'insiste quand même : la marche sur Berlin d’août 1813 avec Oudinot (soutenu par Davout) est le seul exemple d'une manœuvre napoléonienne s’écartant du principe des lignes intérieures pures (par position centrale). Napoléon a ici décidé de disperser une part importante de ses forces sur des axes extérieurs et convergents pour un objectif qu'il considérait comme prioritaire (Berlin), au lieu de tout concentrer contre l’armée principale ennemie. C'est vrai que la plupart des historiens estiment que ce fut l’une de ses erreurs stratégiques de 1813 : trop d’attention portée à Berlin au détriment de la concentration maximale contre l'armée principale des coalisés. Cela reste pour moi une énigme...
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MANÉ Diégo
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
DM => BRH, le 05/11/2026 en réponse à son message du 02/11/2026
Sur « la question des effectifs et de leur composition » il y a beaucoup à dire factuellement, mais avant il convient de mettre à bas une idée reçue car des plus colportée par les plumes françaises, et par conséquent toujours vivace, concernant la soi-disant mauvaise tenue au combat des troupes saxonnes de Reynier. Là aussi on juge par rapport au résultat final, soit la défection en pleine bataille de Leipzig du peu qui restait encore après l’épouvantable gâchis qu’en provoqua Oudinot, tant à Gross-Beeren en les abandonnant stratégiquement, qu’à Dennewitz en les abandonnant tactiquement, provoquant de la sorte la défaite de Ney.
Les deux fois les Saxons se comportèrent fort bien, contrairement aux Français donc. À Gross-Beeren c’est la défaillance de la division française Durutte et non celle des Saxons qui scella le sort de la bataille. À Dennewitz, qu’ils étaient en train de gagner tout seuls malgré Ney, c’est le faux mouvement délibéré d’Oudinot qui perd les Saxons, perdant en même temps ses deux divisions françaises qui auraient pu et du amener la victoire permise par la résistance saxonne. Mais cela aurait été la victoire de Ney malgré-lui, et Oudinot, égal à lui-même, s’abstint d’y contribuer, provoquant la défaite de tous, mais nous en reparlerons.
La prospective envisageant de remplacer Bertrand par Vandamme est plaisante car, effectivement, le Ier Corps, formé par Davout, était très au-dessus du IVe de Bertrand en termes de valeur intrinsèque … Et je ne le vois pas battre les Russes d'Eugène de Wurtemberg et même la 1ère Division de la Garde russe de Yermolov comme le fit Vandamme avant Kulm. Je pense même que Bertrand aurait été battu, et à plate couture encore. C’est là aussi un problème de casting. Vandamme n’aurait pas démérité face à Bülow, mais ne se serait pas du tout accordé avec Oudinot.
Diégo Mané
Sur « la question des effectifs et de leur composition » il y a beaucoup à dire factuellement, mais avant il convient de mettre à bas une idée reçue car des plus colportée par les plumes françaises, et par conséquent toujours vivace, concernant la soi-disant mauvaise tenue au combat des troupes saxonnes de Reynier. Là aussi on juge par rapport au résultat final, soit la défection en pleine bataille de Leipzig du peu qui restait encore après l’épouvantable gâchis qu’en provoqua Oudinot, tant à Gross-Beeren en les abandonnant stratégiquement, qu’à Dennewitz en les abandonnant tactiquement, provoquant de la sorte la défaite de Ney.
Les deux fois les Saxons se comportèrent fort bien, contrairement aux Français donc. À Gross-Beeren c’est la défaillance de la division française Durutte et non celle des Saxons qui scella le sort de la bataille. À Dennewitz, qu’ils étaient en train de gagner tout seuls malgré Ney, c’est le faux mouvement délibéré d’Oudinot qui perd les Saxons, perdant en même temps ses deux divisions françaises qui auraient pu et du amener la victoire permise par la résistance saxonne. Mais cela aurait été la victoire de Ney malgré-lui, et Oudinot, égal à lui-même, s’abstint d’y contribuer, provoquant la défaite de tous, mais nous en reparlerons.
La prospective envisageant de remplacer Bertrand par Vandamme est plaisante car, effectivement, le Ier Corps, formé par Davout, était très au-dessus du IVe de Bertrand en termes de valeur intrinsèque … Et je ne le vois pas battre les Russes d'Eugène de Wurtemberg et même la 1ère Division de la Garde russe de Yermolov comme le fit Vandamme avant Kulm. Je pense même que Bertrand aurait été battu, et à plate couture encore. C’est là aussi un problème de casting. Vandamme n’aurait pas démérité face à Bülow, mais ne se serait pas du tout accordé avec Oudinot.
Diégo Mané
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ROY-HENRY Bruno
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Re: Haro sur le colonel Grouard...
Certainement, tout cela est vrai, mais il n'en demeure pas moins que l'empereur n'avait JAMAIS manoeuvré par les lignes extérieures et qu'à maintes reprises, il avait condamné ce système ! Son plan, établi en dépit du bon sens, était donc calamiteux ! J'ai toujours pensé qu'il y avait une ou des raisons cachées à cette prise de risques. Thiers -entre autres- les a évoquées : Mépris pour Bernadotte et certitude quant à la médiocrité des recrues prussiennes. Toutefois, cela ne me suffit pas. J'ai nourri l'hypothèse qu'un proche de Bernadotte aurait fait savoir à l'Empereur que le "prince-héritier" de Suède ne s'engagerait jamais à fond contre ses anciens camarades. Et il est vrai que le comportement du vautour du nord a été plus ou moins conforme à cette tendance. J'ai cherché en ce sens, sans jamais trouvé quelque chose de certain. Louis-Marie de Camps ou Jean-Pierre Gré qui accompagnaient tous les deux Charles-Jean sur le terrain en 1813, auraient pu être cet intermédiaire funeste ! S'il y a des spécialistes de Bernadotte, je suis avide de connaître leur opinion...
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